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29 oct. 2015 Aucun commentaire

Tout juste trentenaires, Aïcha et Mickaël Labonnote sont, depuis l’âge de 22 ans, à la tête de leur propre structure : Tween, fabricant et revendeur de fauteuils roulants manuels pour personnes actives et sportives.

En six ans, le chiffre d’affaires de l’entreprise a décuplé… Après Parçay-Meslay et Fondettes, c’est à Cinq-Mars-la-Pile que Tween, qui y a trouvé l’espace nécessaire à son activité, s’est installée, en août 2014. Le lieu a été réalisé à l’idée de ses propriétaires, avec un vaste hall d’accueil où sont entreposés les différents modèles de produits fabriqués ou revendus par l’entreprise tourangelle.

Un hall d’accueil vaste, donc, mais aussi "Un savoir-faire au demi-centimètre près" très facilement accessible à tous les publics, et en premier lieu aux handicapés, clients d’Aïcha, de Mickaël, et de leur petite équipe (3 assistantes, 2 techniciens, 2 jeunes en alternance).

En effet, Tween assemble ici des fauteuils roulants à son nom, distribue le matériel de son sous-traitant et revend des pièces détachées provenant de fournisseurs d’autres pays. Les handicapés physiques qui peuvent se mouvoir tout seuls, les actifs et les sportifs, évoluant du loisir au très haut niveau, constituent sa clientèle privilégiée.

Dès le départ, le couple, passionné de sport, féru d’escalade, de randonnée et de vélo, a investi les différents terrains, s’est montré dans toutes les manifestations. Résultat des courses : « Dans le domaine handisport, nous avons noué des partenariats avec la fédération française d’escrime, ou encore avec l’équipe de basket de Toulouse, qui participe à la coupe d’Europe et à qui nous fournissons les fauteuils, déclare Aïcha.

Nos modèles ont équipé plusieurs athlètes aux jeux paralympiques de Londres 2012. Et nous sommes présents au-près de la fédération de rugby, ainsi qu’à l’Open de tennis d’Orléans. » Un vrai démarquage par rapport à la concurrence : « Très vite, nous avons souhaité nous développer en nous imposant sur le terrain sportif. Les autres sont plutôt dans une relation prescripteurs/patients, nous, nous participons à la vie de nos clients, nous sommes avec eux. »

OBJECTIF : L’INTERNATIONAL

Présents sur le terrain sportif, donc, mais pas seulement. Quand il s’agit d’aller prendre des mesures pour répondre à la demande d’une personne située à l’autre bout de la France, Mickaël n’hésite pas : il parcourt 6 500 km par mois, avec ses instruments, pour calculer les quelque 25 à 30 paramètres nécessaires à la création d’un fauteuil.

« On est au demi-centimètre près, précise son épouse. Là, il n’y a pas beaucoup de concurrence. » Dès lors, on comprend bien l’intérêt d’être placé en Touraine, au centre de la France et à proximité des grands axes routiers…

Une présence et une réactivité qui, bien sûr, se paient : le fauteuil confectionné sur-mesure coûte 2 500 à 7 500 €. Jusqu’à l’année dernière, l’entreprise fabriquait elle-même ses fauteuils en acier. Depuis l’arrivée à Cinq-Mars-la-Pile, elle a confié cette tâche à un sous-traitant espagnol, qui utilise l’aluminium, plus léger et favorisant un meilleur design. De quoi séduire, peut-être, une clientèle internationale.

« Dès septembre, nous annonce Aïcha, nous devrions diffuser nos produits hors de nos frontières, en Europe pour commencer. » Mais un autre objectif anime les deux dirigeants : créer, d’ici quelques années, dans un espace attenant à l’entreprise, leur propre salle de sport pour que les gens qui viendront jusqu’à eux puissent essayer les fauteuils. « Ce sera une petite folie », sourit la responsable, qui veut cependant avancer étape par étape, en relevant les défis les uns après les autres.

« En tant que sportifs, notre esprit de compétition est un avantage », reconnaît notre jeune interlocutrice. Et il en a fallu pour relancer cette entreprise qui, en 2008, était au bord de la faillite ! Success story « Mickaël, au collège, avait un ami tétraplégique, raconte Aïcha. C’est là qu’il s’est rendu compte de la difficulté, pour ce public, de trouver des fauteuils adaptés à la pratique de leur sport. »

Quelques années plus tard, le jeune homme, après un DUT en génie mécanique et productique, entre en contrat d’apprentissage chez un fabricant de fauteuils roulants, Poidevin Diffusion – où Aïcha est stagiaire dans le cadre de ses études en technique de commercialisation. Séduit par le métier, il reste. Mais Poitevin diffusion est fortement endettée… En novembre 2008, Mickaël rachète, avec l’aide de la CCI, la part « fabrication » de l’entreprise. L’année suivante, Aïcha rachète Poidevin diffusion ; en 2012, les deux associés regroupent la fabrication et la diffusion. Avec le succès que l’on sait : en quelques années, le chiffre d’affaires a décuplé, passant de 128 000 € en 2008 à 1,35 million en 2014 (300 fauteuils fabriqués).

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